Ma nouvelle plaquette, merci Audrey

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Mes principales activités, mais de nouvelles se créent régulièrement

Mes principales activités, mais de nouvelles se créent régulièrement
La diversité de mes interventions et de mes actions peut déconcerter, mais elles ont toutes un lien : favoriser et développer une meilleure relation à soi même, aux autres et à la planète grâce à la communication, la créativité sous toutes ses formes, les contes, la relaxation, la découverte de notre environnement, les jeux coopératifs ...

Les Sabots de Vénus au jardin

Les Sabots de Vénus au jardin
Bienvenue sur mon blog, vous y trouverez des photos de mes animations, les plantes de mon jardin, et les créations de mes lutins... mais aussi des actions militantes humanitaires et pour la protection de l'environnement.
MAIL : stolarz@club-internet.fr Télèphone : 06 74 93 54 04 Merci de ne pas m'écrire par le blog, je ne reçois pas les courriers, mais de m'envoyer un mail direct de votre boîte. De nombreuses photos d'animations en messages anciens. Bonne visite, et n'hésitez pas à le diffuser ! " Pour les sociologues qui cherchent où me " caser " cocher : CREATIF HUMANISTE Ah ! juste une chose, si à un moment vous avez une baisse de moral, voyagez avec Matt qui danse sur le Monde et qui fait danser le Monde http://www.youtube.com/watch?v=zlfKdbWwruY&feature=player_embedded ça me bouste !

Demandez les catalogues animation

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Nature - Jardin - Land Art - Arts plastique - Théâtre - Préhistoire - Coopération ...

samedi 5 juin 2021

    BLOG : Animations et Formations

découvrir toutes les activités que je propose
mes expériences, cv, objectifs ...
Siret 40842815900037
http://animationsformationssamuel.blogspot.fr/
Article concernant le parc où je suis nommé
Sur France 3 Champagne Ardenne

OUVERTURE de L'ATELIER sur RENDEZ-VOUS
 06 74 93 54 04
OUVERT  sur rendez-vous  
Possibilité d'envois de lutins par colis 
(frais d'envoi colissimo à votre charge)
http://lutinsdesamuel.blogspot.com/ 

 Ateliers de création de lutins, préhistoire,
randonnée Indiana Crado enfants/adultes,
land art, découverte nature...autres choix sur ce blog
sur rendez-vous  au 06 74 93 54 04
par participant : 1 h : 8 Euros - 2 h : 15 Euros
3h : 30 Euros  

Relaxations à l'atelier à Bay sur Aube
5 euros la séance  sur réservation au 06 74 93 54 04
EN ATTENTE...
 prévoir votre couverture et oreiller :   certaines dates peuvent être annulées ou décalées d'où l'importance de
réserver même en dernière minute 
 merci et belles pensées positives !

Relaxation à Lannes pour le Foyer Rural à Rolampont
les lundis à 19h15
 21 juin  et 5 juillet 2021
inscription au 03 25 90 25 10
Lutins en vente à la 
chocolaterie  Aux Petits Plaisirs  7 place du marché à Joinville 
Boulangerie épicerie d' Arc en Barrois et Auberive
Lutins avec  cristaux, pierres en vente
à la boutique de minéraux  9 place Jeanne Mance  proche cathédrale à Langres
Vente à la boutique artisanale
du Vestiaire à Chaumont place du marché
Expositions Animations Formations 2021

 à l'atelier à Bay sur Aube
 Bay sur Aube sur réservation au 06 74 93 54 04
6 E adulte - 3 E enfants (20h30-minuit)
 mercredi soir de juillet et août
 dates en attentes
uniquement par beau temps pour profiter du ciel étoilé
prévoir bonnes chaussures, coussins ou chaise pliante légère
vêtements chauds et lampe de poche
(groupes me contacter, anniversaires, associations..)
Affiche Le Dormantastique 2020 reporté

13 aout 2021 : 5h30 accompagner le lever du soleil
                                pour la Saint Hyppolite avec l'association
des écrivains de Haute Marne  à l'occasion de la sortie
d'un livre sur la forêt
Avec la participation de la Maison Laurentine
https://www.nouvelle-laurentine-expedition.com/
2022
Fête du bois à Urcel le 28 aout 2022
atelier de création de lutins gratuit et
exposition/ vente
http://www.urcel.info/FETE-DU-BOIS-ET-DE-L-ARTISANAT
 25 et 26 septembre 
randonnée crado dans les marais- brame du cerf
visite d'une grotte et petites bêtes de la rivière
renseignements et inscription

ACTIVITÉS EN JUIN

Lutin sur hérisson : 12 euros 
http://lutinsdesamuel.blogspot.com/

allium au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/
Atelier familles en créations de lutins 
à Bay sur Aube 
http://animationsformationssamuel.blogspot.com/
Lutin sur écureuil : 10 euros 
http://lutinsdesamuel.blogspot.com/
" On peut avoir une véritable relation avec les plantes."
Francois Couplan
Lys au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/
La biodiversité à l'atelier
visite d'un renardeau
Couple de lutins papillon sur coquillage : 12 euros
http://lutinsdesamuel.blogspot.com/
" Dire la vérité, mais laquelle ?
L'important d'une vérité c'est le sens qu'elle recèle,
c'est le sens auquel nous accédons."
Jacques Salomé
Rose trémière noire au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/
Randonnée Indiana Crado et création de
mini jardins aromatiques et lutins
avec les élèves de maternelles à CE2 de Chauffour
avec la Maison de Courcelles
http://maisondecourcelles.com
http://animationsformationssamuel.blogspot.com/
Aventure boueuse
même bien boueuse
entre aide
bonjour demoiselle
les aromatiques des légumes de l'Aujon bio pour les mini jardin

" Avec la méditation, 
il existe des clés tout simple pour mieux aimer."
Fabrice Midal
Penstemon au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/
Randonnée Indiana Crado et cabanes avec les élèves
en Itep à Montigny le roi 
http://animationsformationssamuel.blogspot.com/
Aventure
le marais bossu
cabanes au frais

" Exulter "
Chardon de Marie au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/
Journée de formation des Conseillers 
en Insertion professionnels a Bay sur Aube
en " gestion positive des conflits "
http://animationsformationssamuel.blogspot.com/

" Zéro déchet
Emballez vos cadeaux à la japonaise dans un joli tissu
de récup ou un foulard vintage
avec la technique du furoshiki,
il suffit que le tissu soit assez grand pour cachet le présent
et de faire un nœud."
Rose trémière au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/
Journée de formation de formateurs 
en analyse de la pratique à Vittel 
http://animationsformationssamuel.blogspot.com/
" Trouvez une activité qui vous plaît.
C'est le premier pas.
Peut-être préférez-vous danser plutôt que courir ?
ou alors n'aimez-vous que le tennis ?"

Origan au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/
Journée découverte nature et cabane
avec les élèves en grande section maternelles 
Picasso de Chaumont
avec la Maison de Courcelles
http://maisondecourcerlles.com/
http://animationsformationssamuel.blogspot.com/
Ramener les branches du nettoyage du chemin pour la cabane
Découvrir l'odeur de l'orchis bouc
la cabane pour pique niquer
Préparer le feu pour la fondue au chocolat
" Bon soleil de juin n'a jamais ruiné personne."
Dianthus au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/
Semaine classe découverte nature à l'école
Notre Dame Perrier à Chalons en Champagne
(2 classes de 30 élèves )
avec la Maison de Courcelles 
http://maisondecourcelles.com
http://animationsformationssamuel.blogspot.com/
https://www.chalons-tourisme.com/visiter_bouger/le-domaine-de-coolus-pnacha051v50bz3r/
découverte de la mare
Larve d'agrion
limnée
faire flotter les bateaux réalisés par les élèves en classe
larve de cicadelle
larve de cynips
cloportes gloméris..
larve de libellule
grenouille rousse

iris des marais
Cahier de nature et des lutins
fiche d'identité du lutin
Création de lutins, d'animaux fantastiques...
le galet qui parle de l'histoire
modelage
Troll sur les arbres du parc 
Décoration des cabanes du lutin
coquille d'oeuf de pigeon
Recherche de chaines alimentaires sur le terrain
maison de lutins
nid trouvé
l'allée des arbres a trolls
reconstituer des chaines alimentaire
dessins des trolls dans son livre d'aventure
i
" La lune est le soleil des statues."
Jean Cocteau
Lys au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/
Semaine classe découverte nature à l'école
à Custines avec les élèves en CE1-2
avec la maison de Courcelles
http://maisondecourcelles.com
http://animationsformationssamuel.blogspot.com/
Vue de la forêt - Viorne aubier
gratti de Chevreul
iule
Faucheux
Princesse limace noire
lombrics
lycose
Mise en autocollant des observations par le maître
cahier d'observationS
grillon
Cabane pour la pique nique
Grand carabe noir
Création d'arbres a bonnheurs
orchis homme pendu
cephalanthere alba
frotti de chevreuil
supermarché à petites bêtes
Dans la classe !
chenille h=géante du cossu cossus
construction de la cabane
Chaines alimentaire
gamares
planaire
Aselle
exploration du ruisseau
Mise en route des tableaux d'arbre à bonheurs
aspérule odorante
" Quand on commence à faire de l'exercice
le corps libère les hormones du bonheur
on se sent tout de suite mieux et  on est
content de s'y être mis."
Lys au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/

Merci aux 830 visites en mai 

" Pour décrocher un peu du boulot,
rien de tel qu'une petite balade à la pause déjeuner,
en se fixant un but ludique,
mais qui demande de l'attention à son environnement :
prendre une jolie photo,
partir en quête d'herbes folles dans la ville..."
Lys au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/

Informations, actions..

" Je me débarrasse de ce dont je n'ai plus besoin :
un journal ou un tee shirt abimé par exemple."
Hotensia au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/

Sendinblue



colos
UN NOUVEAU
DOCUMENTAIRE
 
En juillet 2019, Cyril de Gasperis, papa de Suzanne qui vient régulièrement fille en colo, mais aussi documentariste, est venu tourner pendant 3 semaines des images de ce qui est devenu “La Vie Commune”.
Nous avons eu la joie de découvrir ce documentaire lors de 2 projections à Langres et Paris. Sa version courte est disponible en replay sur France 3 Grand Est. Nous espérons pouvoir organiser de nouvelles projections suivies d’un temps d’échange avec le réalisateur, afin de faire vivre ce nouveau projet aussi longtemps que possible !
 
À DECOUVRIR
Pour cette fin mai, nous avons eu le plaisir d’accueillir le Füt-Füt Collectif pour la poursuite du projet “Dziadek” : une épopée plastique à 4 mains sur fond d’occupation soviétique. Un projet qui fait vivre les écrits du grand-père polonais de Camille Ortie, artiste du collectif (et accessoirement bénévole de l’association !). La création n’ayant pas encore de forme réalisable devant un public, Antoine Charneau a proposé un spectacle de Guignol lors du week-end familles autour du four à pain. La chance !
 
> FÜT FÜT COLLECTIF
colos
CÔTÉ ÉQUIPE 
 
 
L’équipe s’agrandit ! Un nouveau cuisinier a rejoint l’équipe au début du mois : Kévin Lecomte à qui nous souhaitons la bienvenue ! Il va seconder Gaëtan en cuisine et sur le chantier d’insertion. On se régale d’avance !
 
De la formation pour les salarié.e.s du chantier d’insertion ! Ateliers autour de la gestion du stress et des conflits (avec Samuel Stolarz) ; atelier avec pôle emploi pour mieux utiliser le site internet et ses outils proposés et enfin une formation gestes et postures pour apprendre à travailler sans se faire mal…
 
Tout le monde se prépare à recevoir les enfants dans les meilleures conditions !
colos
 
 Vous n’avez pas encore eu le temps d’inscrire vos enfants cet été ?
Pas de panique, il nous reste (quelques) places sur nos différents séjours !
 
Pour les 4-7 ans, visez la semaine du 11 au 17 ou la semaine du 25 au 31 juillet !
 
Pour les 6-12 ans, nous avons déjà une liste d’attente du 7 au 28 juillet…
Par contre, n’hésitez plus pour inscrire vos enfants entre le 28 juillet et le 21 août !
 
Votre ado rêve de monter un festival avec une thématique autour de la palette ?
Inscrivez-le du 4 au 15 août sur notre séjour Festicamp !
 


Hysope au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/



Gaura au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/
Action le pouvoir du clic
https://act.wemove.eu/campaigns/stop-exportation-animaux?action=sign&utm_source=civimail-38119&utm_medium=email&utm_campaign=20210614_FR
" L'art lave note âme
de la poussière du quotidien."
Pablo Picasso
Echinacea pupurea au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/
 rendez-vous d'été au programme joint en ouvrant le lien

Vous êtes invité.e.s avec joie :  

à l'ouverture de l'exposition "Origines des mondes "  
en présence des artistes et de toute l'équipe le Dimanche 04 juillet à partir de 15h 
à l'EXPEdition, sur le site le Chameau de CHATEAUVILLAIN

à dîner ensemble à la Maison Laurentine à Aubepierre-sur-Aube autour de grillades et de saveurs, à partir de 19h30

MERCI DE CONFIRMER VOTRE VENUE
Hortensia au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/

" Je t'aime " promet tout,
mais ne veut rien dire en soi."
Cathy London
Rudbeckia au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/Fuite radioactive sur l'EPR chinois : billard à trois bandes
Cécile Asanuma-Brice (CNRS) présentera son ouvrage“Fukushima, 10 après”lors d'une conférence en ligne
Gaillarde au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/
Pluie de saint Aurélien, bel avoine et mauvais foin.

Les 2, 3 et 4 juillet 2021, le Parc national de forêts invite le festival Les Nuits des Forêts !

Un festival qui vous invite à redécouvrir la forêt proche de chez vous à travers des expériences intimes et immersives, à ciel ouvert, de jour comme de nuit, à la rencontre des femmes et des hommes qui la cultivent, la protègent ou s'en inspirent, pour repenser ensemble notre lien au vivant et à la forêt !

 

Ce sont 18 évènements qui se dérouleront sur le territoire du Parc national de forêts, dans une dizaine de lieux différents.

Des conférences perchées, des balades contés, des sorties découvertes à pied, à vélo ou avec des ânes, des concerts acoustiques en forêt…. Un programme riche et diversifié qui s’inscrit dans une programmation nationale.

Des évènements pour tous les goûts, organisés par le Chien à Plumes, SIMONE, la maison Laurentine, la maison de la forêt, Préface, … et qui saura ravir tous les publics.

 

La programmation complète est disponible sur notre page Facebook et notre site internet ainsi qu’en pièce jointe de ce mail.

Un évènement a été créé : https://fb.me/e/2nt8h7RKL

La programmation nationale est quant à elle disponible ici : https://nuitsdesforets.com/participez/

 

La majorité de la programmation est gratuite mais la réservation reste obligatoire pour tous les évènements. Les places sont limitées !

Pour plus d’informations et pour réserver, écrivez-nous à evenements@forets-parcnational.fr ou au 06.74.23.30.91

 

N’hésitez pas à partager la programmation à vos clients, votre entourage et sur vos réseaux !

 

Au plaisir de vous retrouver lors d’un des évènements,

" Aussi longtemps qu'il existe un endroit
où il y a de l'air, du soleil et de l'herbe,
on doit avoir regret de ne point y être.
Surtout quand on est jeune."
Boris Vian
Polygonum grimpant au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/

Bulle dominicale du 20 juin 2021


Bonjour à toutes et à tous !

Cette semaine nous allons faire d’une « bulle » deux coups, à savoir fêter les pères et la musique !

 

Commençons avec votre texte-cadeau, le Mot de la Semaine paru dans l’Affranchi du 17 juin, avec un préfixe répétitif, deuxième syllabe du mot « père » et parfois homophone de la note de musique « ré » …

Le Mot de la Semaine

Cette semaine, l’association Au Cœur des Mots a juste envie de vous parler d’un préfixe utilisé bien plus souvent depuis une dizaine de jours :

re.

Eh oui ! nous pouvons reboire un verre en terrasse, retourner au théâtre ou au cinéma, regoûter aux plaisirs simples de la vie sociale un peu plus longuement le soir… Ce petit « re » signifie que tout recommence enfin.

Pourtant, ces prochains mois, les loisirs seront les mêmes que lors de « la vie d’avant ». Tout recommence de nouveau mais rien de nouveau ne commence. Nous allons juste « revivre », « refaire » des choses déjà bien connues de nous.

Avez-vous remarqué la puissance métaphysique de ce mot, revivre …qui peut signifier tout autant réitérer une expérience que réchapper à la mort ? Revivre, ne serait-ce pas encore plus précieux que vivre, en juin 2021 ?

Mais attention, contrairement à ce que ledit préfixe pourrait suggérer, « revivre » ce n’est pas vivre émotionnellement deux fois la même chose : les retrouvailles vont avoir un goût unique. Car, après cette année écoulée, nous ne sommes plus les mêmes. Le premier café pris en terrasse, s’il a toujours le même goût de café, n’aura pas la même saveur que celui d’avant la pandémie. Elle sera différente, peut-être étrangère ou étrange même, car le retour à la vie requiert en effet une remise à jour de nos habitudes.

Après plus de six longs mois d’absence, c’est toute une chorégraphie qu’il faut réapprendre. Celle des serveurs, entre le maniement du percolateur, de la caisse, du lave-vaisselle, du TPE, le port du plateau (et du masque !), et les allées et venues entre le bar et la terrasse. Celle des clients entre eux : quelle table choisir, sourire à son voisin on non, s’asseoir seul ou en compagnie, remuer le sucre dans un sens ou dans l’autre… Nous sommes devenus des danseurs un peu rouillés, avec des réflexes, des habitudes à retrouver. Vous aviez perdu le goût de la proximité avec des inconnus ? Pas d’inquiétude : la vie sociale, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Quelques secondes de réadaptation, et hop, nous revoilà en selle !

Il faut donc oser revivre pour éprouver le changement, se redécouvrir, faire l’expérience du temps, et finalement savoir apprécier qu’on a déjà vécu. Un peu comme prendre sa retraite n'est pas se confiner mais au contraire retraiter sa vie et l'ouvrir à d'autres horizons...

                                                             *****

« Vivre de telle sorte qu’il te faille désirer revivre, c’est là ton devoir. »

Friedrich Nietzsche, Fragments Posthumes (1976)

 

« Une tentative. Un mot humble, qui donne le droit de se tromper, d’errer, de recommencer. »

Jeanne Benameur, Profanes (2013)

 

« Toute éducation humaine doit préparer chacun à vivre pour autrui, afin de revivre dans autrui. »

Auguste Comte, Système de Politique Positive (1851)

 

« Ce que j’aime en musique, on peut recommencer des milliers de fois comme si c’était neuf. »

Xavier-Laurent Petit, Maestro ! (2006)

 

« Il y a des moments de bonheur qui ne s’effritent jamais. Un geste, une parole nous les font revivre. Comme si la vie voulait nous convaincre de ne pas désespérer. »

Gilles Archambault, Courir à sa Perte (2000)

 

Quels seront les 28 prochains mots ? Rendez-vous la semaine prochaine !

 

·      Poursuivons avec quelques extraits tirés de La Gloire de mon père, ce touchant hommage de Marcel Pagnol à son « cher Joseph », dont il admire autant les qualités qui en font son idole que les faiblesses qui le rendent humain…

« Joseph le bricoleur… »

"Tu ne te rends pas compte que cet instrument peut-être inutile par lui-même, est une véritable mine ! Réfléchis une seconde : je scie le pavillon, et j'obtiens un cornet acoustique, un porte-voix de marine, un entonnoir, un pavillon de phonographe ; le reste du tube, si je l'enroule en spirale, c'est le serpentin d'un alambic. Je puis aussi le redresser pour faire une sarbacane, ou une conduite d'eau, en cuivre, note bien ! Si je le scie en tranches fines, tu as vingt douzaines d'anneaux de rideaux ; si je le perce de cents petits trous, nous avons un collier à douches ; si je l'ajuste à la poire à lavements, c'est un pistolet à bouchon..."

Ainsi, devant ses fils émerveillés, et sa chère femme navrée, il transformait l'instrument inutile, en mille objets tout aussi inutiles, mais plus nombreux.

 

Le « miracle » des bartavelles

C’étaient des perdrix, mais leur poids me surprit : elles étaient aussi grandes que des coqs de basse-cour, et j’avais beau hausser les bras, leurs becs rouges touchaient encore le gravier.

Alors mon cœur sauta dans ma poitrine : des bartavelles ! Des perdrix royales ! Je les emportai vers le bord de la barre – c’était peut-être un doublé de l’oncle Jules ?

Mais, même si ce n’était pas lui, le chasseur qui devait les chercher me ferait sûrement grand accueil, et me ramènerait à la maison : j’étais sauvé !

Comme je traversais péniblement un fourré d’argéras, j’entendis une voix sonore, qui faisait rouler les R aux échos : c’était celle de l’oncle Jules, voix du salut, voix de la Providence !

À travers les branches, je le vis. Le vallon, assez large et peu boisé, n’était pas très profond. L’oncle Jules venait de la rive d’en face, et il criait, sur un ton de mauvaise humeur :

- Mais non, Joseph, mais non ! Il ne fallait pas tirer ! Elles venaient vers moi ! C’est vos coups de fusil pour rien qui les ont détournées !

J’entendis alors la voix de mon père, que je ne pouvais pas voir, car il devait être sous la barre :

- J’étais à bonne portée, et je crois bien que j’en ai touché une !

- Allons donc, répliqua l’oncle Jules avec mépris. Vous auriez pu peut-être en toucher une, si vous les aviez laissé passer ! Mais vous avez eu la prétention de faire le « coup du roi » et en doublé ! Vous en avez déjà manqué un ce matin, sur des perdrix qui voulaient se suicider, et vous l’essayez encore sur des bartavelles, et des bartavelles qui venaient vers moi !

- J’avoue que je me suis un peu pressé, dit mon père, d’une voix coupable… Mais pourtant…

- Pourtant, dit l’oncle d’un ton tranchant, vous avez bel et bien manqué des perdrix royales, aussi grandes que des cerfs-volants, avec un arrosoir qui couvrirait un drap de lit. Le plus triste, c’est que cette occasion unique, nous ne la retrouverons jamais ! Et si vous m’aviez laissé faire, elles seraient dans notre carnier !

- Je le reconnais, j’ai eu tort, dit mon père. Pourtant, j’ai vu voler des plumes…

- Moi aussi, ricana l’oncle Jules, j’ai vu voler de belles plumes, qui emportaient les bartavelles à soixante à l’heure, jusqu’en haut de la barre, où elles doivent se foutre de nous !

Je m’étais approché, et je voyais le pauvre Joseph. Sous sa casquette de travers, il mâchonnait nerveusement une tige de romarin, et hochait une triste figure. Alors, je bondis sur la pointe d’un cap de roches, qui s’avançait au-dessus du vallon et, le corps tendu comme un arc, je criai de toutes mes forces : « Il les a tuées ! Toutes les deux ! Il les a tuées ! »

Et dans mes petits poings sanglants d’où pendaient quatre ailes dorées, je haussais vers le ciel la gloire de mon père en face du soleil couchant.

 

Les origines de cet amour filial seraient-elles dans « Le père de Joseph » ?

Cet homme habile n'avait reçu qu'une instruction sommaire. Il savait lire et signer, mais rien de plus. Il en souffrit secrètement toute sa vie, finit par croire que l'instruction était le Souverain Bien, et il s'imagina que les gens les plus instruits étaient ceux qui enseignaient les autres. Il se "saigna" donc " aux quatre veines", pour établir ses six enfants dans l'enseignement, et c'est ainsi que mon père, à 20 ans, sortit de l'Ecole Normale d'Aix en Provence, et devint instituteur public.

 

·      Continuons par deux hommages en musique …

Stromae, « Papaoutai » (album Racine carrée, 2013)

Dites-moi d’où il vient
Enfin je saurai où je vais
Maman dit que lorsqu’on cherche bien
On finit toujours par trouver
Elle dit qu’il n’est jamais très loin
Qu’il part très souvent travailler
Maman dit “travailler c’est bien"
Bien mieux qu’être mal accompagné
Pas vrai ?

Où est ton papa ?
Dis-moi où est ton papa ?
Sans même devoir lui parler
Il sait ce qui ne va pas
Ah sacré papa
Dis-moi où es-tu caché ?
Ça doit, faire au moins mille fois que j’ai
Compté mes doigts
Hey !

Où t’es, papaoutai ?
Où t’es, papaoutai ?
Où t’es, papaoutai ?
Où t’es, où t’es où, papaoutai ?
Où t’es, papaoutai ?
Où t’es, papaoutai ?
Où t’es, papaoutai ?
Où t’es, où t’es où, papaoutai ?
Où t’es
Où t’es...

Quoi, qu’on y croit ou pas
Y aura bien un jour où on n’y croira plus
Un jour ou l’autre on sera tous papa
Et d’un jour à l’autre on aura disparu
Serons-nous détestables ?
Serons-nous admirables ?
Des géniteurs ou des génies ?
Dites-nous qui donne naissance aux irresponsables ?
Ah dites-nous qui, tiens
Tout le monde sait comment on fait des bébés
Mais personne sait comment on fait des papas
Monsieur Je-sais-tout en aurait hérité, c’est ça
Faut l’sucer d’son pouce ou quoi?
Dites-nous où c’est caché, ça doit
Faire au moins mille fois qu’on a
Bouffé nos doigts
Hey!

Où t’es, papaoutai ?
Où t’es, papaoutai ?
Où t’es, papaoutai ?
Où t’es, où t’es où, papaoutai ?
Où t’es, papaoutai ?
Où t’es, papaoutai ?
Où t’es, papaoutai ?
Où t’es, où t’es où, papaoutai ?
Où t’es
Où t’es...

Où est ton papa ?
Dis-moi où est ton papa ?
Sans même devoir lui parler
Il sait ce qui ne va pas
Ah sacré papa
Dis-moi où es-tu caché ?
Ça doit, faire au moins mille fois que j’ai
Compté mes doigts
Hey
Où est ton papa ?
Dis-moi où est ton papa ?
Sans même devoir lui parler
Il sait ce qui ne va pas
Ah sacré papa
Dis-moi où es-tu caché ?
Ça doit, faire au moins mille fois que j’ai
Compté mes doigts
Hey !

Où t’es, papaoutai ?
Où t’es, papaoutai ?
Où t’es, papaoutai ?
Où t’es, où t’es où, papaoutai ?
Où t’es, papaoutai ?
Où t’es, papaoutai ?
Où t’es, papaoutai ?
Où t’es, où t’es où, papaoutai ?
Où t’es
Où t’es...

 

Et pour terminer, Francis Cabrel, « Te ressembler » (album À l’aube revenant, 2020)

T'as jamais eu mon âge
T'as travaillé trop dur pour ça
Toutes les heures du jour à l'usine
À l'entrée du village
Le soir deux jardins à la fois
Et tout ça pour que tes enfants mangent
Ça je le sais bien j'étais là

Ça en prenait du courage
Pour se lever à ces heures-là
Bien avant le jour de partir
Dans le pas d'éclairage
À mains nues sur le guidon froid
Et tout ça pour que tes enfants dorment
Ça je le sais bien j'étais là

J'aurais voulu te ressembler je le jure
Mais voilà il suffit pas de vouloir, c'était pas dans ma nature
T'as vraiment dû t'interroger je suis sûr
Et un jour j'ai croisé une guitare, j'ai vécu comme on s'amuse
T'avais les pieds sur terre
Et j'étais tout le contraire

On s'est pas dit "Je t'aime"
On s'est pas serrés dans les bras
Concernant l'amour il fallait
Tout deviner nous-mêmes
On nous laissait grandir comme ça
Et tu vois on a grandi quand même
Je le sais bien j'étais là

D'avoir eu tant de chance
Quelquefois je me sens fautif
Je regarde autour
Ma maison est immense et mon jardin décoratif
Et je sais depuis ton lointain au-delà
T'as gardé un œil sur moi

J'aurais voulu te ressembler je le jure
Mais voilà il suffit pas de vouloir, c'était pas dans ma nature
T'as vraiment dû t'interroger je suis sûr
Et un jour j'ai croisé une guitare, j'ai vécu comme on s'amuse
T'avais les pieds sur terre
Et j'étais tout le contraire (Parapapa … Parapapa, parapa)

Tout le contraire
(Parapapa … Parapapa, parapa)

T'as jamais eu mon âge
T'as travaillé trop dur pour ça
T'as jamais eu mon âge
T'as travaillé trop dur pour ça …

·      Terminons en jouant…

Solution de la devinette du 13 juin : le pont dont le nom fait contre-sens est le viaduc de Millau. Si on le nomme « pont de Millau », phonétiquement « demi haut », cela fait effectivement contre-sens avec sa hauteur de pile maximale à 343 m et sa hauteur sous tablier de 270 mètres, qui en font le pont le plus haut du monde !

Les devinettes du jour :

2022 verra mon 40ème anniversaire et le 90ème anniversaire de la naissance d’un de mes initiateurs, qui porte le prénom de deux célèbres compositeurs français du XXème siècle et le nom d’une arme d’estoc. Qui sommes-nous ?

 

Bonne semaine à toutes et à tous !

 

L’équipe Au Cœur des Mots

Platycodon au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/
Raiponce blanche au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/
" Tableau analytique du cocuage, par Charles  Fourier, 
utopiste un peu fou du XIX e siècle.
Tiens je te donne un aperçu de l'inventaire qu'il propose.
1)  Le cocu préseomptif est celui qui, longtemps avant
mariage, se met à l'esprit à la torture pour
échapper au sort commun, et souffre le mal avant de l'endurer réellement.
2) Le cocu imaginaire. Il ne l'est pas encore mais se désole en croyant l'être.
3) Le cocu fanfaron est celui qui, par d'effrayantes menaces contre
les galants, croit s'être mis à l'abri de leurs emprises.
Il est d'ordinaire cocufié par l'un de ceux qui applaudissent à ses rodomontades.
4) Le cocu goguenard est celui qui plaisante sur ses
confrères  et les donne pour des imbéciles qui méritent
bien de qui leur arrive.
5) Le cocu fataliste est celui qui se résigne à la volonté de
Dieu et se contente d'observer que sa femme serait bien coupable
si elle le trompait. Ce à quoi elle ne manque pas.
6) Le  cocu de prescription fait de longs voyages, pendant
lesquels la nature parle aux sens de son épouse qui se 
voit forcée d'accepter le secours d'un voisin charitable.
7) le cocu sympathique s'attache aux amants de sa femme,
et en fait ses amis intimes.
8) le cocu réciproque  est celui qui rend l'appareil, et donc ferme les yeux.
Je m'en tiens là, mais sache que Fourrier en compte
76 sortes, parmi lesquelles le converti, l'auxiliaire,
l'accélérant, le traitable, le transcendant, le fédéral, 
le grandiose, le déserteur, et j'en passe."
Henri Gougaud
Lys au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/
Bonjour à toutes et à tous !

Une fois de plus votre bulle dominicale (presque « pontificale » aujourd’hui) évoque avec les mots et les images la richesse des liens humains…

 

·      Commençons par nous rapprocher les uns des autres avec le Mot de la Semaine paru dans L’Affranchi du vendredi 11 juin.

Le Mot de la Semaine

Cette semaine, à la suite du village exemplaire de la semaine dernière, l’association Au Cœur des Mots vous propose une belle histoire de

pont.

Le pont de Svinesund, qui marque la frontière entre la Suède et la Norvège, devenu muraille par temps de pandémie, est aussi devenu un magnifique trait d’union entre deux jumeaux septuagénaires suédois, Pontus et Ola Berglund, qui se sont retrouvés tous les samedis, chacun de leur côté de la frontière, sur ce pont.

Depuis plus d'un an, les visites étant interdites pour cause de Covid, ils arrivent chaque samedi à la même heure avec leur chaise de camping, une boîte hermétique remplie de quelques tartines et une bouteille thermos... Et là, chacun sur sa portion de trottoir, ils déploient avec beaucoup de bonne humeur, la même panoplie de part et d'autre d'une muraille invisible mais infranchissable. À leurs pieds, sur l'asphalte, une simple ligne blanche avec les mots scandinaves "Norge" d'un côté et "Sverige" de l'autre.

La pandémie a en effet mis un coup d'arrêt aux visites hebdomadaires à domicile des jumeaux qui vivent à une demi-heure de voiture l'un de l'autre : Ola à Halden (Norvège) et Pontus à Strömstad (Suède).

« C'est très bizarre mais c'est devenu un besoin, un besoin pressant parce qu'on se rencontrait toutes les semaines avant et on voulait continuer de le faire », confie Pontus depuis le côté suédois. « La pandémie ne nous empêche pas de nous voir et pour nous, c'est une victoire. »

Malgré eux, Ola, ancien infirmier qui consacre désormais son temps à la scénographie dans un théâtre, et Pontus, artiste-peintre et ornithologue amateur, sont devenus des mini-célébrités. On fait même de la route pour les prendre en photo ! Les rares automobilistes qui empruntent le pont les saluent d'un signe de la main ou d'un sourire complice. « Pour nous, ça n'a pas grande importance. L'essentiel à nos yeux, c'est de se rencontrer et de se parler de ce qu'on veut. »

Depuis leur emplacement privilégié, il leur arrive même de jouer les passeurs, tel le jour où ils ont apporté un chiot né en Suède à sa famille d'accueil en Norvège. « Leur meilleur souvenir », disent-ils.

En plus d'un an, ils n'ont manqué leur rendez-vous hebdomadaire qu'à trois reprises, des policiers intransigeants leur ayant refusé l'accès au pont. Sinon, qu'il y ait une tempête de neige ou, plus rarement sous ces latitudes, un soleil de plomb, « il suffit de s'habiller en fonction de la météo ».

Ensemble, sur ce pont, ils ont fêté leur 72ème puis 73ème anniversaire, chaque 20 avril.

« Chaque rencontre, c'est une petite fête », témoigne Pontus. Est-ce que les embrassades avec son frère lui manquent ? « Oui ! Alors, parfois, je m'embrasse moi-même - vu qu'on est identiques ! »

 

*****

« J’aime m’intituler, avec un certain orgueil, ingénieur des ponts et chansons. »

Guy Béart

 

« La vie mettra des pierres sur ton chemin. À toi de décider d’en faire des murs ou des ponts. » Coluche

 

« Chez certains, la vue de l’abîme provoque la pensée du néant. Chez d’autres, celle du pont. J’appartiens à la seconde catégorie. » Vsevolod Meyerhold, dramaturge russe (1874-1940)

 

Quels seront les 29 prochains mots ? Rendez-vous la semaine prochaine !

 

·      Les ponts, symboles de liens, représentent également dans la littérature et l’imaginaire collectif, des passages vers un autre monde, qui peuvent s’avérer de véritables épreuves. C’est le cas dans le roman de chevalerie de Chrétien de Troyes, Le chevalier à la charrette (vers 1180). Pour sauver la reine Guenièvre dont il est épris, Lancelot doit pénétrer dans le royaume de Baudemagus et traverser un pont qui est « une épée aiguisée et étincelante » ; malgré les conseils dissuasifs de ses compagnons inquiets pour lui, il brave le danger par amour pour sa Dame.

« Seigneurs, je vous sais gré de vous émouvoir ainsi pour moi ; c’est l’affection et la générosité qui vous inspirent. Je sais bien que vous ne souhaiteriez en aucune façon mon malheur ; mais ma foi en Dieu me fait croire qu’il me protégera partout : je n’ai pas plus peur de ce pont ni de cette eau que de cette terre dure, et je vais risquer la traversée et m’y préparer. Plutôt mourir que faire demi-tour ! »

Ils ne savent plus que dire, mais la pitié les fait pleurer et soupirer tous deux très durement. Quant à lui, il fait de son mieux pour se préparer à traverser le gouffre. Pour cela, il prend d’étranges dispositions, car il dégarnit ses pieds et ses mains de leur armure : il n’arrivera pas indemne ni en bon état de l’autre côté ! Mais ainsi, il se tiendra bien sur l’épée plus tranchante qu’une faux, de ses mains nues, et débarrassé de ce qui aurait pu gêner ses pieds : souliers, chausses et avant-pieds. Il ne se laissait guère émouvoir par les blessures qu’il pourrait se faire aux mains et aux pieds ; il préférait se mutiler que de tomber du pont et prendre un bain forcé dans cette eau dont il ne pourrait jamais sortir. Au prix de cette terrible douleur qu’il doit subir, et d’une grande peine, il commence la traversée ; il se blesse aux mains, aux genoux, aux pieds, mais il trouve soulagement et guérison en Amour qui le conduit et le mène, lui faisant trouver douce cette souffrance. S’aidant de ses mains, de ses pieds et de ses genoux, il fait tant et si bien qu’il arrive sur l’autre rive. Alors lui revient le souvenir des deux lions qu’il pensait avoir vus quand il était encore de l’autre côté ; il cherche du regard, mais il n’y avait pas même un lézard, ni aucune créature susceptible de lui faire du mal. Il met sa main devant son visage pour regarder son anneau et il a la preuve, comme il n’y apparaît aucun des deux lions qu’il pensait avoir vus, qu’il a été victime d’un enchantement, car il n’y a là âme qui vive.

Traduit de l’ancien français par D. Poirion

 

·      Lorsqu’il s’agit de pont et d’amour, nous pensons au fameux Pont des Arts à Paris, qui vit, de 2008 à 2014, des milliers de cadenas déposés par les amoureux romantiques parcourant la capitale, comme gages de leur lien et mémoire de leur passage. C’est aussi là que vous trouverez une plaque commémorative au nom de Vercors. Pourquoi donc ? En ce lieu symbolique du rayonnement culturel de la France, Vercors faisait passer des exemplaires clandestins de ses Editions de Minuit à Jacques Lecompte-Boinet, chef du mouvement Ceux de la Résistance. Et dans son roman La Marche à l’étoile (1943), son héros hongrois Thomas Muritz quitte son pays pour venir là, comme en pèlerinage en cette terre qui est pour lui toute de justice et de liberté…

Et il parvint enfin avec le soleil couchant au terme de son voyage, au but dont l'espoir le soutenait depuis Presbourg dans la poussière des routes, le froid des vallées, les rafales des crêtes, dans l'incessante torture des membres perclus, à l'objet qui résumait les diverses figures de son amour : au pont des Arts. Maintenant il y était ! IL Y ÉTAIT ! Et il s'estimait comblé. On ne l'avait pas trompé, - et veuillez reconnaître que son amour non plus ne l'avait pas trompé : il l'avait conduit tout droit au cœur de ses aspirations, à ce point du monde où l'on embrasse à la fois, en se tournant à peine, l'Institut, le Louvre, la Cité, et les quais aux bouquins, les Tuileries, la butte latine jusqu'au Panthéon, la Seine jusqu'à la Concorde. Un extraordinaire résumé qui gonflait son cœur d'une exquise oppression. Il restait là, tandis que les derniers rayons du soleil flamboyaient derrière Passy, couronnaient de vermeil la flèche de Notre-Dame et s'accrochaient en passant aux aspérités architecturales du Louvre. Sous ses pieds coulait un fleuve plein de superbe et de retenue, un fleuve qui n'avait pas besoin, comme le Danube ou la Vltava, de se faire remarquer pour être admiré. Les eaux en étaient à cette heure lumineuses et lourdes comme un mercure irisé. Des péniches passaient lentement. Des peintres, sur les berges, pliaient bagage. Des pêcheurs s'obstinaient sans amertume. Des étudiants et des vieillards s'attardaient à fouiller les boîtes des bouquinistes. Des grisettes et des petites mains, comme on disait alors, passaient près de lui et regardaient avec un étonnement intéressé ce jeune homme aux traits fins perdu dans une contemplation impassible et qui ne leur rendait pas leur regard.

 

·      Poursuivons vers un pont qui relie non pas les êtres mais les âges, avec le poème « Le Pont » de Gilles Vigneault

 

Vague est le pont qui passe à demain de naguère

Et du milieu de l’âge on est des deux côtés

Le mur ne fait pas l’ombre et n’est pas la lumière

Qu’on appelait l’hiver qu’on nommera l’été

 

Il n’est pierre de moi qui dorme quand tu danses

Chacune est une oreille et chacune te voit

Ton immobilité me tient lieu de silence

Et chacun de tes mots tombe à l’envers de moi

 

Je dis à mots petits de grands espaces d’âge

Qui font en leur milieu croire qu’il est midi

J’ai peur d’être le pont qui prend pour son voyage

Le voyage de l’eau entre ses bras surpris

 

Il va neiger tantôt d’une neige si calme

Sur des rives de moi où j’hésite à courir

Que je m’attache à tout ce qui me semble halte

Sur la courbe attelée aux chevaux de mourir.

Solution de la devinette du 06 juin : l’anagramme coquine de « Faites l’amour, pas la guerre » (issue des Anagrammes dans le boudoir, de Jacques Perry-Salkow et Laurence Castelain) est : « L’orgasme apaisera le futur. »

La devinette du jour : Si l’on me nomme « pont », ce que je suis pourtant, mon nom fera contre-sens avec ce que je suis. Quel pont suis-je donc ?

 

Bonne semaine à toutes et à tous !

 

L’équipe Au Cœur des Mots


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est d'agrandir ma capacité à me découvrir
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Bulle dominicale du 6 juin 2021


Bonjour à toutes et à tous !

Cette semaine, nous vous invitons à une ouverture humaine…

 

Nous commencerons par vous conduire, avec le Mot de la Semaine, dans un village comme il devrait y en avoir davantage…

Le Mot de la Semaine

L'association Au Cœur de Mots souhaite cette semaine vous parler d’un certain

village.

Ce village porte un double nom : Wahat al-Salam (en arabe) - Neve Shalom (en hébreu), pour une même signification : « oasis de paix ». Ce sont les prêtres du monastère voisin de Latroun qui, dans les années 70, ont loué un terrain de 20 hectares, à égale distance de Jérusalem, Tel-Aviv et Ramallah, pour le construire. La moitié des 300 habitants (une soixantaine de familles) est juive, l’autre arabe, et les deux communautés s’en partagent l’administration. À l’école bilingue judéo-palestinienne, les enfants apprennent la langue et la culture de l’autre, pour être capables de comprendre son point de vue. Ainsi, pour Yom Haʿatzmaout (fête nationale célébrant la naissance d’Israël), la Nakba (la «catastrophe» en arabe, désignant l'expulsion des Palestiniens de leurs terres) est également évoquée. C’est toujours l’occasion de rappeler l'histoire du village et l’importance de la communication dans le respect des droits humains et en toute démocratie ; au-delà des clivages politiques ou partisans, ce sont la tolérance, l'empathie et la concorde qui sont mises en avant.

Si l’initiative peut paraître minuscule, son importance symbolique est cruciale. La chercheuse Séverine Autesserre, qui étudie depuis plus de vingt ans les conditions qui permettent la construction de la paix à travers le monde constate que «dans les exemples réussis, ce sont les habitants eux-mêmes qui ont construit la paix par le bas, et qui l’ont maintenue grâce à des stratégies axées sur la base, en s’appuyant sur des citoyens locaux ordinaires». Dans nos modèles occidentaux, les réponses semblent se baser trop sur la répression lorsque surgit un problème. Ce sont les élites, le pouvoir et les institutions qui œuvrent, alors que les associations de quartiers et les citoyens ordinaires auraient un vrai rôle à jouer.

Le village de Wahat al-Salam - Neve Shalom a été sélectionné pour le prix Nobel de la paix en 1988 et récompensé en 1993 par le prix Niwano de la paix. Depuis un demi-siècle, il montre par la pratique qu’une cohabitation est possible, en construisant des ponts entre les êtres humains, et non des murs. Et si la dernière éruption du conflit israélo-palestinien nous rappelle toute la violence qui régit le monde, il est sans doute essentiel de rappeler aussi que, dans ce village, le défi de la coexistence pacifique ne semblait pas si facile au départ... Il suffisait d'y croire...

*****

« J'ai choisi d'essayer de comprendre l'autre, de participer à la recherche d'une compréhension mutuelle, et c'est cette volonté qui nous a poussés ici à créer une petite communauté judéo-arabe. Je peux servir d'exemple et montrer qu'il est possible pour des Juifs et des Arabes de vivre ensemble, sans chercher à priver l'autre de ses droits. »

Abed Abdel Salam Nadjar, secrétaire du village

 

« Je crois que nous avons réussi à élever nos enfants dans notre esprit de coexistence. Nous lançons un appel à tous les Juifs et à tous les Palestiniens pour qu'ils nous imitent. Il n'y a pas d'autre issue au conflit. »

Eytan Kremer, trésorier du village

 

« S'enfuir dans un village pour en faire le centre du monde. » Jules Renard

 

« Pour construire un village, il faut un monde. » Ibrahima Chérif (défenseur de la démocratie en Guinée)

 

Quels seront les 30 prochains mots ? Rendez-vous la semaine prochaine !

 

·      Si village rime avec visage, il rime aussi avec tolérance dans ce poème (pourtant en prose) de Tahar Ben Jelloul, qui reste dans l’esprit du village de Wahat al-Salam - Neve Shalom.  

Chaque visage est un miracle

Un enfant noir, à la peau noire, aux yeux noirs, aux cheveux crépus ou frisés, est un enfant.

Un enfant blanc, à la peau rose, aux yeux bleus ou verts, aux cheveux blonds ou raides est un enfant.

L’un et l’autre, le noir et le blanc, ont le même sourire quand une main leur caresse le visage, quand on les regarde avec amour et leur parle avec tendresse.

Ils verseront les mêmes larmes si on les contrarie, si on leur fait mal.

Il n’existe pas deux visages absolument identiques.

Chaque visage est un miracle. Parce qu’il est unique.

Deux visages peuvent se ressembler, ils ne seront jamais tout à fait les mêmes.

La vie est justement ce miracle, ce mouvement permanent et changeant qui ne reproduit jamais le même visage.

Vivre ensemble est une aventure où l’amour, l’amitié, est une belle rencontre avec ce qui n’est pas moi, avec ce qui est toujours différent de moi et qui m’enrichit.

 

·      En lecture complémentaire, nous vous proposons une « fable » extraite de la pièce de Wajdi Mouawad, Tous des Oiseaux, qui traite des origines et de la quête identitaire, dans une famille qui se retrouve au cœur du conflit israélo-palestinien. L’un des protagonistes, David, a fait un AVC en apprenant qu’il a vécu toute sa vie comme un juif très pratiquant, haïssant « l’ennemi palestinien », alors qu’en fait il est un bébé palestinien miraculé, élevé par un couple de juifs qu’il a toujours cru être ses parents. Pour l’apaiser dans son coma et pour que son esprit parte en paix, le personnage de Wassân lui conte la légende de « l’oiseau amphibie » (extrait de la scène 25) :

WASSÂN : Un oiseau vient au monde et voilà qu’à la faveur de son premier envol il passe au-dessus des eaux de la mer. La lumière laisse entrevoir sous la surface les poissons aux écailles argentées. Emu par cette beauté inconnue, l’oiseau veut aller à leur rencontre et il tombe vers la mer. Mais les autres oiseaux, ses congénères, le rattrapent avant qu’il n’atteigne les vagues. « Non ! lui dit le plus sage, ne t’avise jamais d’aller vers ces créatures. Elles te sont étrangères en tous points et, les rejoignant, tu mourrais comme elles mourraient si elles nous rejoignaient. Nous ne sommes faits ni pour nous rencontrer ni pour vivre ensemble. L’oiseau obéit et va sa vie, mais toujours son cœur se tord à la vue de la mer. Taciturne, il ne chante plus. Jusqu’au jour où, pétri par un chagrin devenu trop lourd à porter, il songe qu’à une longue vie malheureuse il préfère un seul instant d’extase, et il referme sur lui ses ailes ! Et dans la bleuité du ciel, il tombe vers la bleuité de la mer pour en fendre la surface. Le voilà sous l’eau, s’enfonçant vers l’abysse des lumières et dans le peu de temps qu’il lui reste, l’oiseau ouvre ses yeux ! Infinité de poissons multicolores ! Satins insoupçonnés des abîmes ! Indicible beauté étrangère ! Son cœur s’enflamme ! Sa dernière heure approche, mais il ne s’en soucie plus, tout à son désir de l’autre, de ce qui est différent, et ce désir est si absolue, si immense, si spirituel, qu’à l’instant précis où la mort veut le saisir, des ouïes lui poussent au cou ! Et il respire ! Il respire ! L’oiseau respire ! Et, respirant, Volant-nageant, il s’avance au milieu des poissons aux écailles d’or, de jade et de rose aussi subjugués par lui que lui par eux, et, les saluant, l’oiseau prononce la parole magique : « Me Voici ! C’est moi ! Je suis l’un des vôtres, je suis l’un des vôtres ! »

·      Terminons en jouant.

Solution de la charade de cette semaine : il s’agissait de la « nourrice », qui est une sorte de « maman remplaçante ». Il fallait trouver le pronom personnel « nous » qui désigne plusieurs personnes en un seul mot, le verbe « ris/rit/rient » qui s’oppose aux pleurs et le réfléchi « se ».

La devinette du jour :

Pour conclure sur une note coquinement optimiste, nous vous invitons à chercher une nouvelle anagramme issue des Anagrammes dans le boudoir, de Jacques Perry-Salkow et Laurence Castelain : celle de « Faites l’amour, pas la guerre ».

 

Bonne semaine à toutes et à tous !

 

L’équipe Au Cœur des Mots

" Je n'attrape plus mon smartphone
à chaque fois que j'ai une seconde de libre."
Lys au jardin http://jardindesamuel.blogspot.com/

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